Le calcul de crédit

Réaliser un crédit demande au consommateur de faire le bilan de sa situation financière : quelle est sa capacité d’emprunt ? est-il en surendettement ? quelle mensualité ? pour quelle durée ? Tant de questions auxquelles il faut répondre pour ne pas se voir refuser le crédit ou ne pas être en mesure d’honorer ses remboursements. Voici un petit guide qui permettra au consommateur de s’y retrouver dans les termes et les démarches à suivre lors du calcul de crédit.

Le taux d’endettement

Nous parlons de surendettement quand le particulier se retrouve dans une situation financière critique, ne lui permettant plus d’honorer ses dettes (article L.330-1 du code de consommation). Afin de ne pas arriver à une telle situation et de se voir obliger de déposer un dossier de surendettement à la Banque de France, le particulier peut estimer son taux d’endettement. Ainsi lors du calcul de crédit, déterminer son taux d’endettement passera par la réalisation de l’analyse de sa situation financière.

Pour cela le particulier doit prendre en compte toutes les sources de revenus fixes qu’il perçoit ainsi que toutes les charges fixes qu’il doit honorer. Parmi les ressources prises en compte, il faudra donc inclure les salaires nets (y compris les primes et/ou le cas échéant le 13ème mois), les revenus professionnels non-salariés (à savoir les bénéfices des agriculteurs, des commerçants, des artisans ou encore des professions libérales), les pensions alimentaires faisant l’objet d’une décision judiciaire et enfin les autres types de pensions telles que les retraites, les handicaps, les pensions de soldats de guerre etc. Toute prime ou indemnité professionnelle ou exceptionnelle sont exclus de ce calcul.

Les revenus pris en compte peuvent toutefois varier selon l’établissement qui effectue le calcul de crédit. Ainsi à ces revenus fixes peuvent s’ajouter les commissions des commerciaux (en fonction de leur ancienneté), les allocations familiales (il est cependant très rares qu’elles soient comptabilisées, sauf le cas échéant si elles sont perçues pendant la durée du crédit), les allocations logement ou encore les revenus fonciers.

Il suffit ensuite de calculer la part de ces charges sur la totalité du budget, à savoir diviser les charges par les revenus et multiplier par 100 le résultat ce qui permet d’obtenir le taux d’endettement.

Si ce taux d’endettement est inférieur à 33%, le particulier pourra prétendre à un crédit. En revanche lors du calcul de crédit, si le particulier est endetté à plus de 33%, ce dernier se retrouve dans la situation du surendettement. Il se verra alors difficilement autorisé à emprunter. Ce taux n’est pas un taux réglementaire, c’est un taux d’un usage commun.

Néanmoins, les situations sont généralement étudiées au cas par cas dans les établissements bancaires. Si le particulier justifie de forts revenus, il est possible que son taux d’endettement soit revu à la hausse (35% voire plus), dans le cas où il arrive à justifier à l’établissement créancier de sa capacité de remboursement. Dans le cas inverse, soit lorsque le particulier bénéficie de faibles revenus, lors du calcul de crédit c’est le quotient familial qui sera pris en compte.

Quotient familial

Le quotient familial est donc un indice sur lequel les banques vont se référer lorsque les revenus des consommateurs sont trop modestes pour l’obtention d’un crédit, principalement dans le cas d’un crédit immobilier. Pour cela, la loi a défini un quotient familial minimal : ce quotient familial ne doit pas être inférieur à 4800 euros par an et par personne.

Le calcul du quotient familial est assez simple : après avoir additionné tous les revenus du ménage, il faut y soustraire le montant des mensualités de prêts en court et diviser le résultat par le nombre de personne dans le foyer.

Dans le cas donc où le quotient est inférieur à 4800 euros, le prêt sera refusé au consommateur. Cet indice est subjectif, il ne prend pas en compte le mode de vie des ménages. Dans le cas où le ménage a un quotient inférieur à 4800 euros par personne, la solution pour le calcul de crédit sera de passer par un regroupement de crédit afin d’alléger la part liée aux remboursements des dettes.

Reste à vivre

Pour pouvoir souscrire à un crédit, lors du calcul de crédit, le particulier doit s’intéresser à sa part de « reste à vivre », à savoir la somme qui lui reste pour honorer les charges fixes non compressibles.

Il est assez simple pour le particulier d’estimer son reste à vivre. L’estimation se fait en soustrayant aux revenus fixes (à savoir les salaires ainsi que les éventuelles allocations, allocations familiales…) du foyer la somme des charges fixes comme le loyer, les charges telles que les factures d’eau, d’électricité, de chauffage, les éventuelles pensions versées, les mensualités des impôts, les remboursements de crédit etc. Selon le code de la consommation, le reste à vivre pour une personne seule ne peut pas être inférieure au montant du RSA (article R331.10.2). Ce montant est majoré de 50% pour un couple. Le montant du RSA au 1er octobre 2016 est de 535.17 euros pour une personne seule sans enfant.

Calcul de prêt : la mensualité

Une fois que le particulier a estimé son taux d’endettement ainsi que sa part de reste à vivre, il peut effectuer le calcul des mensualités qu’il pourra consacrer à son futur emprunt. Pour cela, le consommateur pourra effectuer un calcul rapide.

En effectuant le calcul de crédit, il suffira donc de multiplier la somme des revenus nets par le taux d’endettement maximal (à savoir 33%) et de soustraire à ce résultat les charges d’emprunts actuelles.

Prenons l’exemple d’un particulier qui a des revenus nets mensuels de 3000 euros, s’il n’a pas de charges, sa capacité mensuelle à emprunter est de 990 euros (3000 x 0.33). Si le particulier possède un crédit à la consommation (par exemple pour le remboursement d’une voiture) avec une mensualité de 150 euros, il aura donc une capacité d’emprunt pour son nouveau prêt de 840 euros (3000x0.33 – 150).

Il est important de préciser que lorsque le particulier effectue le calcul de sa capacité d’emprunt mensuel, les frais liés au crédit sont inclus dans cette mensualité (intérêts et frais liés à l’assurance).

Taux d’intérêt des crédits

Après avoir estimé sa capacité de remboursement mensuelle, le particulier pourra s’intéresser aux taux d’intérêts des crédits en vigueur au moment où il souhaite souscrire à un prêt. Pour cela il pourra se référer à des grilles de taux bancaires accessibles sur certains sites internet. Ces taux varient au cours du temps mais aussi en fonction du crédit, de la durée de remboursement et de l’établissement sollicité par l’emprunteur. Le consommateur devra donc pour obtenir la meilleure offre de crédit, réaliser des comparatifs pour trouver le meilleur taux. Plus l’emprunt sera réalisé sur une période longue, plus le taux d’intérêt sera élevé. En effet, les établissements de crédit prennent plus de risque à prêter de l’argent sur le long terme. Pour prévenir ses risques, ils augmentent les frais liés au coût de crédit.

Capacité d’emprunt

A partir de l’estimation des mensualités, ainsi que du taux en vigueur pour le crédit souhaité, le particulier pourra enfin estimer sa capacité d’emprunt totale. Ce montant va lui aussi dépendre de différents paramètres à savoir : la mensualité, du taux d’intérêt de l’emprunt ainsi que de la durée de l’emprunt.

En appliquant la formule suivante le consommateur pourra donc déterminer sa capacité d’emprunt :

Montant du capital empruntable :

(M ( 1 – (1 + (r/n))-n)) / (r/n)

M : la mensualité que le particulier peut allouer à son emprunt

r : taux d’intérêt de l’emprunt

N : Nombre total d’annuité x remboursements par an

n : nombre d’annuité par an

Si nous prenons l’exemple d’un emprunt avec un taux d’intérêt de 4,5% par an, sur une durée de 20 ans (soit 240 mois) et une capacité de remboursement mensuelle de 1265.30 euros, le particulier sur la base de la formule précédente pourra emprunter un capital de :

Capital empruntable =

(1265.30 (1-(1+(0,045/12)))-240) / (0,045/12)

 = 20000ª0 euros

Lorsque le consommateur cherche donc à effectuer le calcul de prêt, afin de bien cibler ses besoins en fonction de ses capacités financières, il lui faudra s’intéresser à ces différents paramètres. Le consommateur pourra après avoir pris connaissance de sa capacité de remboursement mieux négocier auprès des établissements de crédit une offre intéressante. Le consommateur doit par ailleurs avoir conscience des risques liés à une situation de surendettement (fichier Banque de France, Interdit bancaire…). Si le consommateur est déjà dans une situation critique, avant d’effectuer un nouveau crédit, il lui est possible de réaliser un regroupement de crédit afin d’augmenter son reste à vivre, et donc diminuer la part de son budget allouée au remboursement de ses dettes. Effectuer une demande de crédit doit donc être bien étudiée et réfléchie. Bien qu’il y ait des risques, un crédit peut être une aubaine pour booster le pouvoir d’achat des particuliers.