Le PTZ voiture

Changer de véhicule ne veut pas nécessairement dire se ruiner. Comme vous avez certainement déjà du le voir sur des offres publicitaires, il est aujourd’hui possible de souscrire un crédit auto de manière gratuite – c’est ce qu’on appelle un PTZ voiture. Néanmoins, si cela peut paraitre à première vue comme une offre très attrayante, il faut faire attention aux pièges de ce dispositif. Cette petite fiche informative va vous permettre de maitriser les grands principes du PTZ voiture.

Qu’est-ce qu’un PTZ voiture ?

PTZ est l’acronyme de l’expression « Prêt à Taux Zéro » qu’on peut qualifier de prêt gratuit. En effet, son taux d’intérêt est nul, c'est-à-dire que l’emprunteur ne rembourse au prêteur que la somme qu’il a effectivement reçue.

Sous l’égide du gouvernement français, le PTZ a été instauré dès 1995 afin de faciliter l’accès à la propriété immobilière aux primo-accédants. Beaucoup de commerçants se sont alors inspirés de ce dispositif pour proposer des offres de PTZ voiture. Pourtant, le crédit gratuit est interdit par la loi, hors cas réglementés. C’est pourquoi il ne peut être proposé que lors d’un achat : un établissement financier ne peut donc pas proposer directement un PTZ voiture. Ceci découle de l’interdiction générale de la vente à perte dans le but de préserver la concurrence entre les commerçants et leur bonne santé économique. Les offres de PTZ voiture correspondent donc en réalité à un crédit proposé par un vendeur automobile qui prend les intérêts à sa charge.

Sous quelles conditions peut-on souscrire un PTZ voiture ?

Puisqu’il est interdit aux établissements de crédit de proposer des offres de PTZ voiture, ce sont directement les concessionnaires, ou les constructeurs automobiles, qui proposent de souscrire le prêt directement auprès d’eux lors de l’achat d’un véhicule. Ils prennent alors en charge les intérêts correspondant à la rémunération du prêteur. La plupart des constructeurs automobiles propose ce type de prêt pour leurs nouveaux modèles lors d’actions commerciales temporaires.

Le PTZ voiture est fortement réglementé, voilà pourquoi il est soumis à trois conditions :

  1. Le PTZ voiture n’est réservé qu’à l’achat de voitures neuves, et plus particulièrement aux modèles les plus récents. Si vous souhaitez acquérir un véhicule d’occasion, oubliez tout de suite cette idée.
  2. La période de remboursement d’un PTZ voiture est très courte, limitée à deux années, contrairement à cinq années pour un crédit auto classique.
  3. Le client doit disposer d’au moins 20% du prix du véhicule. En effet, sans un tel apport personnel, le concessionnaire doit en principe refuser de souscrire le PTZ voiture.

Par conséquent, le PTZ voiture est limité à des cas extrêmement particuliers, du fait de l’interdiction de vente à perte. Attention donc aux publicités attractives !

Les points à surveiller dans le cadre d’un PTZ voiture

Si l’emprunteur remplit toutes les conditions requises pour pouvoir bénéficier d’un PTZ voiture, il doit néanmoins veiller à rester vigilant. En effet, si un constructeur automobile décide d’offrir ce type de financement, ce n’est que parce qu’il y trouve un intérêt : son but est de vendre un maximum de voitures. Le principe du PTZ voiture est alors un moyen d’attirer le client. Quelques conseils pour ne pas tomber dans le piège …

  • Il existe parfois des frais additionnels demandés par le concessionnaire.

Le PTZ voiture perd alors tout son intérêt puisqu’il perd son caractère « gratuit ». Ces frais correspondent généralement aux frais de gestion, de négociation, voire d’assurance, auprès de l’établissement financier prêteur. Il faut donc les prendre en compte dans le calcul pour savoir s’il est avantageux pour l’emprunteur de souscrire un tel crédit.

  • Réfléchir à la comptabilité de ses finances avec le dispositif du PTZ voiture.

On l’a vu précédemment, un PTZ voiture a une période de remboursement limitée à deux ans. Elle est même parfois plus courte.  Certes, le client est plus facilement libéré du crédit, mais les mensualités sont souvent conséquentes. Le risque est de ne plus parvenir à rembourser le prêt à échéance lorsque la capacité d’emprunt de l’acheteur est limitée.

C’est pourquoi il est essentiel que le prêteur réfléchisse correctement avant de souscrire à un PTZ voiture par le calcul de cette capacité d’emprunt, qui correspond au montant dont on est en mesure d’emprunter. Pour cela, il faut dresser ses revenus mensuels et l’ensemble des charges récurrentes ou prévisibles (loyers, mensualités des emprunts en cours, impôts, …). La règle générale est que l’ensemble des mensualités de tous les prêts ne doit pas être supérieur au tiers des revenus mensuels.

  • Surveiller le prix d’achat du véhicule souhaité.

Si le concessionnaire automobile propose un PTZ voiture, il s’oblige à prendre en charge les intérêts du crédit. Dès lors, il peut s’avérer intéressant pour lui de ne pas offrir à l’acheteur le meilleur prix d’achat du véhicule. De même, le client, dupé par l’idée de bénéficier d’un prêt « gratuit », peut oublier de négocier correctement l’achat de son véhicule.

Dans ce cas, il est fortement conseillé de demander au concessionnaire deux devis : l’un pour l’achat du véhicule avec la souscription du PTZ voiture, l’autre pour la seule acquisition.

Il ne faut pas oublier qu’il existe des offres très avantageuses de crédit auto classique (souvent à un taux d’intérêt inférieur à 5%). Pour aider l’emprunteur, de nombreux sites comparatifs d’offre de crédit (notamment MoneyBanker) recensent les meilleures propositions du marché. De plus, d’autres alternatives s’offrent au conducteur…

Le PTZ voiture et ses alternatives

Tout d’abord, en France, la Caisse d’Allocations Familiales (CAF) attribue un prêt en faveur des ménages aux ressources modestes. Cela ne concerne que l’achat d’une voiture d’occasion, la réparation d’un véhicule en panne ou les frais d’assurance auto. Le montant accordé est relativement faible (quelques milliers d’euros) mais il peut être remboursé sur une durée longue avec un taux d’intérêt nul. Ce dispositif ne concerne que les chômeurs, les allocataires de minima sociaux, les travailleurs temporaires et les personnes aux revenus modestes ou instables. Néanmoins, si cela est votre cas, cette perspective est certainement mieux adaptée à votre situation et beaucoup plus avantageuse qu’un PTZ voiture.

De plus, inspiré du « zéro émission, zéro taux », certains constructeurs automobiles proposent parfois des PTZ voiture pour les véhicules propres avec des conditions plus avantageuses que pour l’achat d’un véhicule classique. Néanmoins, les précédents conseils trouvent également à s’appliquer ici puisque le principe du PTZ voiture reste identique. D’autant plus qu’il existe également des aides de l’Etat (qui peuvent s’avérer relativement importantes) et que des organismes de crédit proposent des offres particulières pour ce type d’achat.

Aussi, la plupart des banques propose des offres de prêt auto pour les jeunes. Certes le crédit octroyé n’est généralement pas gratuit mais elles permettent d’avoir des conditions avantageuses : pas de frais de dossier, faible montant de l’assurance, taux d’intérêt bas (généralement inférieur à 3%). Ainsi, il est conseillé, pour un acheteur jeune, d’étudier ces offres avec soin avant de se jeter rapidement sur un PTZ voiture.

Enfin, il existe de multiples alternatives au PTZ voiture pour avoir un nouveau véhicule.

  • En premier lieu, il est possible de souscrire un crédit auto directement auprès du concessionnaire ou chez un organisme de crédit. Il est généralement possible de bénéficier de taux d’intérêt très avantageux mais le prêteur doit justifier de l’affectation de la somme perçue à l’achat du véhicule.
  • Le prêteur peut également décider de souscrire à un prêt personnel. Il pourra alors disposer librement de la somme reçue et le taux d’intérêt est parfois identique à un crédit affecté. 
  • Outre le crédit classique, la location avec option d’achat se développe de plus en plus aujourd’hui. Le fonctionnement est celui d’un crédit bail, c'est-à-dire que chaque mois, le conducteur verse un loyer pour disposer du véhicule, sur une période allant généralement jusqu’à 5 ans. Au terme du contrat, il est possible d’acheter le véhicule.
  • Un conducteur peut également se diriger vers une location longue durée. Ceci est de plus en plus plébiscité car une voiture neuve perd en moyenne 25% de sa valeur dès sa première année. Là encore, il faut payer un loyer et beaucoup d’entreprises sont spécialisées en ce domaine. Néanmoins, les contreparties sont un entretien rigoureux et un nombre de kilométrage limité.
  • Enfin, beaucoup de banques et de constructeurs automobiles offrent des possibilités de crédit ballon. Equivalent de la location, l’acheteur verse tous les mois une certaine somme. Au bout d’une certaine période (généralement 48 mois), puisque le crédit n’est pas soldé, le client doit restituer la voiture au concessionnaire ou payer le solde pour la garder. Le coût réel du crédit peut alors s’avérer important.

Le PTZ voiture, en bref

Le PTZ voiture est un prêt souscrit directement auprès du concessionnaire afin de financer l’achat d’une voiture neuve. Beaucoup de constructeurs automobiles en proposent. Il permet de régler le prix en plusieurs mensualités à un taux d’intérêt nul. Néanmoins, plusieurs conditions doivent être remplies par l’acheteur qui doit veiller à pouvoir rembourser correctement le crédit souscrit. En effet, il se caractérise par une durée de remboursement très courte et donc des mensualités importantes. De ce fait, il est conseillé d’envisager les autres options possibles, d’autant plus qu’un tel prêt peut souvent cacher d’autres contreparties qui peuvent faire monter l’ardoise rapidement.