Calcul du reste à vivre

Lorsqu'un particulier désir effectuer un achat conséquent, comme par exemple l'achat d'une voiture, et qu'il n'a pas l'apport nécessaire, il va alors demander un crédit auprès d'une banque. Il remboursera une partie de celui-ci tous les mois.

Au moment de faire sa demande de crédit, le banquier va devoir analyser la situation du demandeur. Ainsi, il étudiera sa situation professionnelle (nature du contrat travail...), sa situation financière (tenue des comptes, montant de l'apport personnel, endettement...) et enfin sa situation familiale (nombre de personnes dans le foyer, famille monoparentale, couple, célibataire...).

De ces différentes situations, le banquier en déduira deux facteurs qui lui permettront d'accepter ou non un dossier de crédit. Ceux-ci vont être le taux d'endettement, qui est un calcul universel, et le reste à vivre, qui est propre aux banques.

Avant d'effectuer un crédit il est donc primordial d'analyser en amont sa situation afin de ne pas contracter un crédit trop important qui risquerait de mener à une situation de surendettement.

Le reste à vivre

Le reste à vivre, dit RAV dans le jargon, est le montant qu'il reste au sein d'un foyer une fois les charges fixes déduites. Il s'effectue par une simple soustraction :

Reste à vivre = Revenus – Charges fixes

Les revenus comprennent :

  • les salaires
  • les traitements
  • les pensions
  • les rentes
  • les retraites
  • les revenus fonciers
  • les allocations peuvent être prises en compte selon les banques.

Les charges fixes comprennent :

  • les loyers (locataire) ou l'emprunt immobilier (propriétaire)
  • les autres emprunts liés à l’acquisition d'un bien foncier
  • les crédits à la consommation
  • les assurances habitation et/ou voiture
  • la mutuelle
  • les pensions versées
  • les impôts (taxe d'habitation, taxe foncière)
  • le remboursement d'emprunt
  • les frais engendrés par la propriété ou la location (EDF, eau, chauffage...).

Ce sont des dépenses incompressibles.

Ce reste à vivre est primordial car il s'agit de l'argent nécessaire à la survie d'une personne pour le mois, une fois ses charges payées. Il varie selon la personne, la composition du ménage et le lieu de résidence. Par exemple, une personne vivant à Paris aura un niveau de vie plus élevé qu'une personne vivant en campagne. Le reste à vivre devra donc être plus important s'il souhaite contracter.

Attention, certaines ressources sont limitées dans le temps. C'est le cas par exemple des allocations familiales. Si un ménage envisage de contracter un crédit immobilier, il est prudent de ne pas tenir compte des allocations perçues. En effet, le crédit est remboursable sur 15 à 30 ans, or les allocations ne seront pas perçues sur toute la durée.  A l'inverse, s'il reste à un ménage quelques crédits à rembourser (comme un crédit auto), il devra faire valoir auprès de la banque, que le reste à vivre sera plus important d'ici peu, une fois le crédit remboursé.

Le calcul du reste à vivre 

Le calcul du reste à vivre semble en apparence relativement simple. Cependant, il va varier, comme on l'a vu, selon la situation du ménage (composition, lieu de résidence, salaire) mais aussi et surtout de la banque.

Il n'existe aucune règle encadrant ce calcul. De ce fait, chaque banque établira ses propres critères.

Par exemple, une banque pourra prendre en compte dans ses calculs les revenus de la Caisse d'Allocations Familiales (CAF) alors qu'une autre banque ne le fera pas. De même, un organisme de prêt pourra imposer son montant minimum de reste à vivre pour une personne seule. Certaines banques imposeront un reste à vivre de 1 300 euros pour une personne seule alors que d'autres banques se contenteront de 800 euros.

Quelques notions demeurent tout de même :  il est admis que le reste à vivre minimum pour une personne seule est de 700 euros. Pour une personne en couple, le montant est généralement dit de 800 euros soit 400 euros par personne. Les montants sont majorés de 300 euros par personnes à charge.

Reste à vivre et quotidien familial

Le quotient familial se calcule de la manière suivante :

Reste à vivre / nombre de personnes x 12 mois.

Les banques estiment que si le quotient familial est en dessous de 4 500 euros, il y a pour le ménage un risque de surendettement. A l'inverse, s'il dépasse les 8 500 euros, le ménage pourra justifier un taux d'endettement supérieur à 33%, taux maximal fixé par le banques.

Si un taux d'emprunt est trop élevé, le reste à vivre devient faible ce qui conduit inévitablement à une situation de surendettement.

Le reste à vivre et le surrendettement

Initialement, le calcul du reste à vivre sert surtout à ne pas mettre un foyer dans une situation de surendettement. Malgré cela, les situations pouvant changer au sein du foyer (divorce, naissance...) il arrive que les ménages se retrouvent face à une situation financière difficile.

Le reste à vivre est un facteur fondamental pour la Commission de surendettement afin qu'elle puisse étudier un dossier de surendettement déposé par un débiteur en situation financière difficile. La commission se sert d'un reste à vivre minimum vital. De là, elle décide de mettre en place ou non un plan de redressement et d'aider la personne endettée à trouver une solution pour rembourser ses dettes. Parmi ces solutions, la commission propose la cession de salaire.

Afin de payer les créanciers, l'intéressé peut permettre au patron de payer directement les créanciers avec une partie du salaire. L'employé ne voit pas son argent qui sert à rembourser ses dettes. Ce mécanisme peut être volontaire ou forcée (par la commission de surendettement ou par ordre du tribunal).

Cependant, une partie du salaire ne peut pas être saisi, c'est ce que l'on appelle la quotité insaisissable.

Cette dernière est calculée en fonction du reste à vivre. Le reste à vivre doit alors être au moins égal au Revenu de Solidarité Active (RSA), majoré en cas de personnes à charge. De même, 80% des allocations perçues par un foyer sont insaisissables. La quotité insaisissable correspond au final au reste à vivre.

Afin d'améliorer son reste à vivre, l'intéressé peut effectuer un rachat de crédit lui permettant de baisser ses mensualités et donc d'augmenter son reste à vivre.

Le rachat de crédits pour augmenter son reste à vivre

Le rachat de crédit permet de regrouper les différents crédits en cours par le foyer pour n'en former qu'un seul portant sur une durée de remboursement plus élevée. Il va ainsi permettre au foyer de réduire ses mensualités et permettre de récupérer un reste à vivre raisonnable en étalant ses dettes sur une plus longues durée.


Cependant, cette méthode doit se faire que si le foyer a vraiment besoin de plus d'argent chaque mois, car plus il étale dans le temps les dettes, plus il payera des intérêts.

Le taux d'endettement

Après le reste à vivre, le deuxième critère étudié par la banque lors d'un dossier de crédit est le taux d'endettement. Ce dernier est lié au reste à vivre. Il correspond au rapport entre les mensualités d'un ménage et leurs revenus nets imposables.

Les revenus pris en compte sont

  • les salaires nets
  • les pensions alimentaires
  • les allocations familiales
  • les loyers perçus
  • les revenus de placements financiers (s'ils sont réguliers)
  • les traitements
  • les pensions de retraite ou de handicap
  • les revenus professionnels non salariés ( bénéfice agricoles, industriels ou commerciaux et professions libérales).

Les charges comprennent :

  • les crédits en cours (crédit auto par exemple)
  • les pensions et rentes versées
  • les loyers restant à payer
  • les mensualités prévisionnelles du crédit demandé

Ainsi, on calcule le total des charges que l'on compare au total des revenus.

Par exemple : M. et Mme X ont pour revenu 30 000 euros par an et pour charges 8 000 euros, leur taux d'endettement est alors de 25% (8 000 x 100 / 32 000).

Le taux d'endettement maximum accepté par les banques est de 33%, soit un tiers des revenus nets de l'emprunteur. Au delà, les banques ne prêtent généralement pas, estimant qu'il y a un risque tant pour le ménage – risque de surendettement - que pour les banques – risque de ne pas percevoir les remboursements.

Cependant, il existe des exceptions. C'est notamment le cas pour les ménages ayant de forts revenus. Le quotient familial étant plus grand, il est possible pour les organismes de prêt de leur octroyer un taux d'endettement plus élevé, tant que le reste à vivre reste raisonnable au sein du foyer. 

Ainsi, le taux d'endettement et le reste à vivre sont liés et doivent être étudiés ensemble avant de contracter un crédit. On remarque l'importance de faire ces opérations en amont afin de ne pas se mettre dans une situation financière difficile allant jusqu'au surendettement. De même, comme le montant du reste à vivre varie selon les organismes de crédit, il sera intéressant de les comparer en vue de trouver celui qui proposera le crédit le plus adapté à la situation du foyer.