D’après une étude publiée en 2017, la plupart des Français préfèreraient disposer d’une autorisation de découvert, que ce soit par besoin ou par prudence. Eviter les dépassements de découvert autorisé n’est pas chose facile et les clients de banque sont nombreux à y être confrontés régulièrement. Les choses semblent s’améliorer et pourtant, ils se retrouvent encore nombreux à dépasser les limites autorisées, ce qui coûte plus cher qu’on ne le pense.

L’autorisation de découvert, un service bancaire à double tranchant

Afin de faire face aux fins de mois difficiles, 68 % des Français veulent disposer d’une autorisation de découvert. C’est un service qui est gratuit dans la moitié des établissements bancaires. Hors agios, il coûte en moyenne 7 euros par an (frais de mise en place ou de dossier). La plupart des clients qui demandent une autorisation de découvert sont ceux qui ont le plus tendance à finir dans le rouge. 91 % de ceux qui dépassent la limite autorisée au minimum une fois par mois, veulent disposer d’une autorisation de découvert. Le pourcentage des personnes qui ne sont jamais en dépassement et qui veulent tout de même bénéficier de ce service est de 41 %. Le dépassement autorisé est le plus souvent défini selon les revenus du client. Il est d’usage que les banques autorisent un découvert équivalent à un demi mois de revenus à leurs clients mais ce n’est pas toujours le cas.

Rares sont les personnes qui parviennent à éviter le découvert bancaire. D’après les dernières études, 60 % des Français ont dépassé leur autorisation de découvert en 2016. Plus inquiétant encore, 23 % de ces personnes sont dans le rouge au moins une fois par mois. 21 % le sont au moins une fois par trimestre et 16 % une fois par an. Cependant, le pourcentage des Français se retrouvant à découvert tous les mois a baissé depuis 2013, ce qui reste encourageant. Qui plus est, le pourcentage des Français qui ne sont jamais a découvert a augmenté pour arriver à 40 %.

Voici un graphique illustrant la fréquence de dépassement de la limite du découvert autorisé en France :

Les dépassements de découverts autorisés sont un véritable problème de nos jours car ils coûtent cher aux clients. Les frais engendrés s’établissent en moyenne à 60,20 euros par an en 2017 contre 63,30 euros en 2013. C’est une évolution qui est due à l’entrée en vigueur du plafonnement des commissions d’intervention. De nos jours, les frais prélevés en cas de dépassement de découvert sont plafonnés à 8 euros par opération avec un maximum de 80 euros par mois.

Comment fonctionne l’autorisation de découvert bancaire ?

Les banques peuvent accepter que les comptes de leurs clients fonctionnent à découvert. Ces comptes peuvent alors se retrouver dans le négatif, ce qui veut dire qu’ils comportent plus de dépenses (débits) que de versements (crédits). C’est une autorisation qui n’est cependant pas automatique et les banques peuvent revenir sur cette tolérance selon la situation du client, la réduire, voire même l’annuler complètement. La demande d’une autorisation de découvert se fait par le client au cours de la signature de la convention de compte ou alors, par courrier qui devra être adressé à l’agence bancaire dans lequel il dispose d’un compte ouvert. Cette autorisation peut être ponctuelle, c’est-à-dire valable sur une durée précise qui sera fixée à l’avance ou bien, octroyée sur une durée indéterminée. Elle peut alors être révisée ou résiliée par la suite. La situation de découvert effectif, quant à elle, peut être autorisée sur une durée de 2 semaines, 1 mois ou 3 mois au maximum. Cela veut dire qu’un compte bancaire bénéficiant d’une autorisation de découvert devra être créditeur de manière régulière, au moins le temps d’une journée entière. Un découvert supérieur à 200 euros dont la durée dépasse 90 jours consécutifs sera automatiquement requalifié en tant que crédit consommation.

Pour chaque autorisation de découvert effectuée par un client, sa banque, s’il en a été convenu ainsi, a le droit de prélever des sommes sur son compte destinées à rémunérer ce service rendu. Ces sommes sont appelées les agios. Elles incluent les intérêts débiteurs, divers frais ainsi que des commissions. La majorité des établissements bancaires prélève un minimum forfaitaire pour chaque situation de découvert, quel qu’en soit le montant ou la durée. A cela s’ajoutent les agios proportionnels qui sont des sommes établies selon la durée et le montant moyen de l’utilisation de découvert. Ils sont rapportés à un taux d’intérêt, le TEG (taux effectif global). S’ils leur sont supérieurs, les agios proportionnels se substitueront aux agios forfaitaires. Chaque client doit être informé du TEG applicable avant d’utiliser le découvert autorisé.

Les frais s’appliquant à un dépassement de découvert

Les banques ont le droit d’accepter l’enregistrement d’opérations au débit d’un compte même si elles auront pour conséquence le dépassement du découvert autorisé. Cependant, cela correspond tout de même à un incident de paiement et peut engendrer des sanctions pour le client qui correspondront à des frais supplémentaires. La facturation s’établit alors sous forme d’agios proportionnels dont le calcul se fait sur les sommes dépassant le découvert autorisé rapportées à un taux effectif global supérieur à celui qui a été initialement convenu. Ce TEG en question doit être communiqué au client avant qu’une opération en dépassement de découvert autorisé ne soit enregistrée. Comme tout autre taux effectif global, il doit obligatoirement être inférieur au taux de l’usure. D’autres sanctions telles que les frais de forçage ou des commissions d’intervention peuvent également être appliquées.

Comment se déroule une révision ou une résiliation d’autorisation de découvert ?

A tout moment, le titulaire d’un compte bancaire peut résilier son autorisation de découvert ou encore, diminuer son montent ou sa durée. Il peut le faire en adressant un courrier librement rédigé à son agence bancaire. De son côté la banque peut aussi réviser à la baisse le montant ou la durée d’une autorisation de découvert mais également la résilier. Pour cela, elle doit remplir deux conditions cumulatives. Elle doit tout d’abord respecter les engagements écrits que l’on peut trouver dans la convention de compte. Parallèlement, elle ne peut pas porter de manière soudaine un préjudice important au client en l’absence de faute de sa part, ni disproportionné dans le cas où le client a eu un comportement fautif. Si le client estime que la résiliation ou la révision effectuée par son agence bancaire est abusive, il peut avoir recours aux services d’un médiateur bancaire puis, s’il le faut, engager un procès civil.

Mieux gérer ses dépenses pour sortir du découvert

Même si l’autorisation de découvert peut être très utile dans certains cas et aider à faire face à certaines situations difficiles, cela doit demeurer une chose occasionnelle et ne pas créer de problèmes supplémentaires. Avoir la possibilité de dépenser sans avoir d’argent tangible disponible peut être une chose tentante mais en réalité, c’est un cercle vicieux dont il n’est pas facile de sortir. En dépensant plus que ce l’on gagne, on met son compte à découvert. Il faut alors miser sur une partie plus ou moins grande de son salaire ou encore, combler le découvert en ayant recours à un prêt. Cependant, cela peut engendrer des problèmes de financement pour la vie de tous les jours et créer des fins de mois difficiles qui vous mèneront à dépenser plus que ce que vous gagnez, faisant en sorte que votre compte soit à nouveau dans le rouge. Toutefois, il existe certaines solutions qui peuvent vous permettre de vous aider à faire face au découvert. Pour commencer, envisagez de puiser dans votre épargne. Cela reste une meilleure solution que le découvert pour pallier le manque d’argent.

Ensuite, pensez à établir un certain équilibre dans vos dépenses. Si vous avez tendance à vous retrouver à découvert tous les mois, c’est parce que la différence entre vos ressources et vos dépenses est trop élevée. Afin de remédier à cela, faites une liste de ce que vous dépensez et essayez de mettre la main sur ce qui est superflu ou inutile. Notez vos différents postes de dépenses en séparant celles qui sont incontournables (loyer, électricité, eau, frais de transport, alimentation, remboursements des frais…) de celles qui sont accessoires (loisirs et sorties, achat de nouveaux vêtements, de meubles, d’objets de décoration…). Essayez ensuite de réfléchir à la manière dont vous pourriez faire des économies. Beaucoup de dépenses accessoires peuvent être réduites, voire même éliminées, sans que cela ne vous porte véritablement préjudice.