Les chiffres concernant les inégalités sociales en France sont aberrants. Plus de 14% des Français vivraient sous le seuil de pauvreté, 10% des Français les plus riches posséderaient plus du quart des revenus français, 20% des ouvriers non-qualifiés seraient au chômage… Et les chiffres énoncés par l’INSEE et l’Observatoire des inégalités continuent… 30,5% des ménages vivant dans des logements surpeuplés, 60% des enfants d’ouvriers non-qualifiés sortant du système scolaire non-diplômés…

Ces inégalités sont également clairement visibles au sein des régions françaises. Ainsi, certaines régions auraient plutôt la belle vie, alors que d’autres régions auraient une vie jugée plus difficile. Il semblerait, par exemple, que la vie soit beaucoup plus douce en Bretagne, ainsi qu’au Pays-de-la-Loire. Non pas que le PIB de ces régions soit parmi les plus élevés. Pourtant, leurs taux de chômage y sont moins élevés que dans le reste de la France, le prix du loyer y est raisonnable, mais aussi et surtout, d’après l’OECD, c’est dans ces régions où les habitants se jugent les plus heureux.

En revanche, la région des Hauts-de-France apparaît comme une des régions françaises les plus touchées par la crise. Cette dernière détient le PIB par habitant le plus faible de France, le taux de chômage le plus élevé, une dette par habitant supérieure à la moyenne française et, toujours d’après l’OECD, c’est aussi dans cette région que les habitants se décrivent comme les moins satisfaits quant à leur qualité de vie. Comment ces inégalités se présentent-elles sur le territoire français ? Quelles en sont les causes et conséquences ?

PIB par habitant

Le PIB par habitant varie largement suivant les régions de l’Hexagone. Ainsi, la région de la capitale française jouit, en 2017, d’un PIB par habitant de 53 300€, loin devant l’Auvergne-Rhône-Alpes, à la deuxième place de ce classement, avec un PIB par habitant de 31 060€. Les derniers du classement ? La Bourgogne-Franche-Comté avec un PIB de 25 876€ et les Hauts-de-France avec un PIB par habitant de seulement 17 433€.

Alors qu’entre 1993 et 2007 l’INSEE affichait des écarts de croissance modérés entre les différentes régions françaises, ces dernières se sont largement accentuées suite au krach boursier du 15 septembre 2008. D’après l’INSEE, en 2015, toutes les régions françaises avaient repris un taux de croissance positif, bien qu’encore loin du niveau d’avant crise. Seuls le Grand-Est, les Hauts de France et la Normandie avaient un taux de croissance négatif.

Ci-dessous, le PIB par habitant en 2017, selon les régions françaises :

Sources: http://regions-france.org/observatoire-politiques-regionales/

Chômage

Bonne nouvelle pour l’économie française !  Selon l’INSEE, le taux de chômage a baissé de 0,4 points pour le premier semestre 2017 par rapport au premier semestre 2016. Ce dernier s’élève désormais à 9,6%. Il y aurait actuellement 2,7 millions de chômeurs soit 115 000 de moins que l’année précédente à la même période.

Autre point positif, le chômage est en baisse dans toutes les régions françaises. Le Pays de la Loire et la Bretagne se démarquent, une fois de plus, et affichent les taux de chômage les plus bas de France. La Bretagne, avec un taux à 8,1%, et le Pays de la Loire, avec un taux à 8%, sont également les deux régions françaises qui rencontrent la plus importante baisse de leur taux de chômage avec une évolution de – o,8%. Les taux de chômage des Hauts-de-France et l’Occitanie, avec des taux s’élevant respectivement à 11,7% et 11,2%, restent assez élevés. Cependant, ces derniers sont en baisse de -0,6% pour les Hauts de France et -0,7% pour l’Occitanie.

Ci-dessous, le taux de chômage selon les régions françaises au premier semestre 2017 et au premier semestre 2016, ainsi que son évolution :

 

Sources: https://www.insee.fr/fr/statistiques/2012804

La dette par habitant

D’après la Banque de France, la dette moyenne en France s’élèverait à 42 334€. Avec plus de 500 dossiers de surendettement déposés pour 100 000 habitants en 2015, les Hauts-de-France représentent la région la plus endettée. S’ensuivent la Bourgogne-Franche-Comté, le Centre-Val de Loire, ainsi que la Normandie avec 400 à 500 dossiers déposés pour 100 000 habitants en 2015.

Cependant, les Hauts-de-France ne disposent pas de la dette par habitant la plus élevée. En effet, les dossiers de surendettement déposés dans les Hauts-de-France sont plus généralement dus à des crédits à la consommation de tout genre. Ainsi, les Hauts-de-France avec une dette par habitant de 419€ se trouvent derrière l’Ile de France, qui présente une dette par habitant de 430€ et loin derrière la Corse qui présente une dette de 940€. Les Bretons, avec une dette de 133€ par habitant et les Normands, avec une dette de 169€ par habitant présentent, eux, les dettes par habitant les plus faibles de France.

La Banque de France établissait dernièrement le portrait typique de la personne endettée. Selon cette dernière, 66,1% des personnes endettées sont des personnes seules, 76,3% sont locataires et ont des ressources faibles. Il est, de plus, ressorti de cette étude que 28,7% des surendettés étaient au chômage, 33,9% ouvriers et 23,6% employés.

Ci-dessous, la dette par habitant en 2017 selon les différentes régions :

  

Sources: http://regions-france.org/observatoire-politiques-regionales/

Loyer

C’est sans grande surprise que l’Ile-de-France se trouve sur la première marche du podium concernant le prix de ses loyers. Le prix moyen au mètre carré en 2017 ? Environ 17,14 €. Cette moyenne est bien au-dessus du reste de la France. A la deuxième place se trouve Provence-Côte-d ‘Azur avec ses 11,58€ par mètre carré. Et si vous souhaitez baisser les coûts de votre loyer, c’est en Bourgogne-Franche-Comté (environ 8,41€ par mètre carré) ou dans le Grand-Est (environ 8,89€) qu’il faut se rendre.

Ci-dessous, le prix moyen du loyer par mètre carré selon les régions en 2017 :

Sources: http://www.clameur.fr/Tendances-du-marche/Tendances-departementales/Les-loyers-de-marche

Conclusion

Les inégalités en France sont encore importantes. Ces différences sont visibles chaque jour au sein même de la société, mais également au niveau régional. Ainsi, il semblerait que certaines régions françaises rencontrent des situations économiques beaucoup plus difficiles que d’autres.

Plus effrayant encore, ces inégalités sont présentes dès l’entrée à l’école. En effet, l’UNICEF réalisait une étude en 2016 concernant l’équité entre les enfants. D’après cette étude, l’Hexagone se situerait au 28e rang sur un total de 35 pays jugés économiquement avancés. Ce classement alarmant est principalement dû à l’important fossé dans les secteurs de l’éducation, du bien-être et de la santé qui varient largement en fonction des catégories sociales.

Pour finir, ci-dessous une étude de l’Observatoire des Inégalités démontrant que la profession des parents a une large influence sur le diplôme de l’enfant. Ainsi, 87% des enfants de cadres supérieurs, chefs d’entreprise et professions libérales sont diplômés d’au moins un Baccalauréat alors qu’uniquement 40% des enfants d’ouvriers non-qualifiés disposent d’au moins un Baccalauréat. 

Sources: http://www.inegalites.fr/spip.php?article908&id_mot=100


*Graphiques réalisés par MONEYBANKER