Qu’est-ce que le « sans-contact » ?

Le sans-contact est un nouveau mode de paiement, par carte bancaire ou par mobile. Il suffit d’approcher sa carte bancaire, ou son téléphone, à  4cm d’un boitier prévu à cet effet, communément appelé un terminal, pour régler ses achats chez un commerçant. Le simple fait de faire cette démarche confirme le consentement et le règlement de l’acheteur. Ce mode de paiement ne demande ni code confidentiel, ni signature, ni pièce d’identité.

Pour des raisons de sécurité, les versements sans-contact sont limités à une valeur de 20€. En complément, les banques fixent chacune un montant maximum de dépense qui leur est propre. Cette limite peut être quotidienne, hebdomadaire, ou mensuelle selon les volontés de la banque. Si l’une de ces limites est atteinte, l’acheteur devra se rabattre sur un autre moyen de paiement (carte bleu, chèque, ou espèce).

Pour les particuliers comme pour les commerçants, le sans-contact est un mode de paiement innovant et pratique qui allie simplicité (un seul geste et tout est réglé) et rapidité (gain de temps en caisse). C’est également une solution qui permet de prévenir toute erreur de caisse éventuelle.

Le sans-contact en France, un démarrage timide mais certain

Comme pour ses voisins européens, la France, pays frileux des nouveaux moyens de paiement, a elle-aussi vu le sans-contact pénétrer ses frontières. Bien que les premières expérimentations sur l’hexagone aient pris place en 2010, la nouveauté n’a véritablement commencé à faire parler d’elle qu’à partir de fin 2013. En 2015, 44% des cartes bancaires étaient équipées pour le sans-contact contre 62% en 2016. La plupart des banques ont équipé leurs cartes de manière systématique, excepté quelques indécises comme la LCL par exemple qui attend encore pour statuer sur le sujet. On note cependant que seulement 19% des français l’utilisent régulièrement. Des promesses de croissance sont faites par les spécialistes de l’innovation bancaire puisque les français devraient finir par suivre le pas.

Grands septiques de nature, nous-autres français avons, pour la plupart, besoin de temps pour faire confiance à la nouveauté. On compte parmi les freins et les hésitations :

  • La peur du vol : Le sans-contact pourrait représenter un risque supplémentaire en cas de vol de carte bancaire. C’est tout du moins ce que pensent 82% des français. A savoir, lorsque le propriétaire d’une carte volée fait opposition, le sans-contact, comme le reste, est bloqué de manière immédiate.
  • L’insécurité des données personnelles : Même si, au départ, il y avait véritablement un risque d’aspiration des données privées via l’utilisation d’un simple boitier ou d’un smartphone, ce n’est plus le cas aujourd’hui. En 2012, le nom du titulaire de la carte a été rendu invisible pour les lectures électroniques et, en 2013, ce fut le tour des historiques d’achat. Ainsi, l’usurpation du sans-contact et l’étude des comportements d’achat ne sont plus des risques encourus par l’aspiration des données. En complément, il est possible d’acheter un étui pour sa carte bancaire qui agira comme protection des nuisances électriques et électromagnétiques, internes et externes. Ces étuis, disponibles à des prix abordables, sont parfois offerts par les banques lors de l’acquisition d’une carte bancaire.
  • L’inutilité : 60% des français jugent le sans-contact inutile. Cela est principalement dû au caractère récent de l’invention et au fait que, avant son arrivée, les moyens de paiement en place convenaient déjà aux usagers.
  • La peur d’une mauvaise utilisation : Près de 50% des français n’osent pas utiliser le sans-contact de peur de ne pas maitriser l’outil. Cette crainte, principalement générationnelle, est due à la mauvaise maitrise des nouvelles technologies.

Malgré ses freins, on ne compte que 28% de réels hermétiques à l’utilisation du sans-contact qui, petit à petit, gagne du terrain en termes de notoriété et d’utilisation quotidienne. Il est vrai que ce mode de paiement est, au final, ni plus ni moins risqué qu’un achat en ligne. Compte tenu de ses limites de dépenses, le sans-contact concerne principalement des achats du quotidien (parking, tickets de transport, péages, restauration rapide, achats alimentaires, etc.). Avec une avancée plus timide du sans-contact via mobile (seulement 7% d’utilisateurs en France), on est en droit de se demander si les français seront ouverts à l’arrivée de nouveaux modes de paiement comme le règlement par email, ou encore directement via les réseaux sociaux.

 

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