Qu’est-ce que la Fintech ?

Le terme « fintech » repose sur la contraction des mots « finance » et « technologie ». Il s’agit de l’utilisation de technologies de l’information et de la communication (TIC) appliquées aux services bancaires et financiers (banque, assurance, gestion, conseil, crédit consommation, etc.). Fintech est également le nom que l’on donne aux sociétés qui exercent ce métier de numérisation du secteur bancaire. La plupart des sociétés fintech sont des start-ups qui maitrisent très bien les TIC. Leur but est de récupérer un maximum de parts de marché aujourd’hui dominé par des sociétés beaucoup plus grosses mais moins innovantes. Bien que le secteur bancaire avait déjà commencé à maitriser le numérique avec notamment la banque à distance, de nombreuses start-ups de la fintech ont commencé à faire leurs nids sur ce marché. Cette activité est en pleine expansion, avec un véritable essor du marché entre 2012 et 2014, où l’impact a tout de même été plus significatif aux Etats-Unis qu’en Europe.

Les sociétés fintech étendent leur activité à plusieurs domaines comme par exemple celui des prêts bancaires (prêts entre particuliers, crédit via les réseaux sociaux, etc.), celui des systèmes de paiements (transactions, paiement par mobile, etc.) et celui des banques en ligne. Elles proposent également aux sociétés qui fonctionnent sur un principe d’abonnement (exemple : EDF, Deezer, Tripadvisor, etc.) un service de prélèvement direct, sans l’utilisation de la carte VISA du client, permettant ainsi moins de frais et anéantissant le risque de perdre le client si ce dernier change de carte.

On compte aujourd’hui plusieurs solutions fintech avec par exemple Paypal, le célèbre service de  paiement en ligne déjà très utilisé par les internautes, ou encore les applications de paiement mobile avec en tête de liste l’application Apple Pay qui est disponible en France depuis cet été. On note également l’arrivée de nombreuses nouveautés dont l’application Piggou qui permet aux consommateurs d’arrondir leurs achats à l’euro supérieur pour ensuite mettre les centimes de trop de côté selon le principe d’une tirelire en ligne. En somme, les entreprises fintech représentent de nombreux avantages par rapport au marché actuel avec des services innovants, flexibles, simples et rapides.

La fintech représente-t-elle un risque pour le marché bancaire ?

Comme pour de nombreux secteurs d’activité, l’insertion du numérique au secteur bancaire fait parler d’elle. Puisque celle-ci s’est fait plus tardivement que pour les autres secteurs, on est en droit de supposer que l’évolution du marché financier va se faire de la même manière que celle des autres marchés. Or, il est avéré que les marchés ont, dans la plupart des cas, souffert de l’arrivée du numérique. Prenons l’exemple des secteurs du tourisme et des transports qui ont vu leurs codes bouleversés avec l’arrivée respective d’applications comme AirBnB et Ubber. Ainsi, on peut affirmer que la fintech représente en soi un danger pour le secteur des finances puisqu’elle menace les entreprises de leur faire perdre la maitrise de leur relation client. Cependant, les entreprises du secteur ne courent pas nécessairement un risque. En effet, les solutions qui incluent les TIC sont généralement considérées comme des concurrents pour les entreprises du secteur mais elles représentent en réalité un nouvel éventail de possibilités. Les sociétés fintech sont à la fois synonyme de compétition et de coopération. Elles proposent plusieurs services à l’attention des banques dans le but notamment de les accompagner vers la transformation digitale de leurs propres services.

Il sera donc recommandé aux banques de considérer les fintech comme des alliés, dont elles auront par ailleurs bientôt besoin avec la potentielle venue de très grandes entreprises à large spectre sur le marché des finances (on parle ici de Google, Amazon, Facebook, et Apple). A l’inverse, c’est même la règlementation en place sur le contrôle de la transmission de l’argent qui représente un risque pour les sociétés fintech avec, entre autres, les prêts entre particuliers (où le risque est souvent pris par l’emprunteur final), l’électronisation du marché,  la sécurité des données, et le besoin de conformité qui est rarement clair lorsqu’il s’agit d’innovation.