La crise financière de 2008 et la crise économique qui s’en était suivie, avaient sensiblement affecté le pouvoir d’achat des français. Depuis lors, les chiffres de la consommation des ménages ont repris leur progression dans le sillage des indicateurs du moral des ménages. En octobre 2016, le chiffre qui mesure la confiance des français, fourni par l’INSEE est repassé à 98 points, soit son niveau de 2007. Quel est le sens de cette tendance ? Comment se traduit-il dans les habitudes de consommation ? Comment se projettent les français en matière de consommation ? Suivez quelques éléments de réponse.

Le moral des ménages et leur désir de consommation

Derrière le chiffre du moral des ménages se cache une nette progression de l’envie de consommation. L’un des marqueurs importants de cette tendance est l’évolution du crédit. Dès 2015, une enquête réalisée par l’observatoire des crédits aux ménages (OCM) révèle l’augmentation du recours au prêt personnel. Cette croissance n’a cependant pas la même dynamique pour tous les types de crédit. Si le nombre de prêts immobiliers contractés en 2015 a augmenté, le taux de détenteurs de ce crédit est en baisse continuelle depuis lors.

Par contre, les souscriptions au crédit à la consommation en 2015 ont cru à 26 %  soit une progression de 0.4 % sur un an. Cette évolution se confirme actuellement avec les chiffres de l’INSEE dans ce contexte de retour annoncé de la croissance.

Il y a plus d’optimisme et les français ont une opinion positive sur leur situation financière et son évolution. Selon la même enquête, l’essor du niveau du moral des français s’accompagne d’une légère augmentation du nombre de ménages qui pensent qu’il est à nouveau opportun de faire des achats importants (véhicule, gros électroménagers…). Le regain d’optimisme impacte la consommation des ménages.

Les français plus optimistes : comment cela se traduit-il dans les habitudes de consommation ?

La confiance retrouvée des foyers dans leur capacité à rembourser un prêt est aussi l’un des enseignements du sondage sur le moral des personnes. Avec plus de capacité financière, les détenteurs de crédits n’hésitent plus à rembourser plus chaque mois. Conséquence, la durée moyenne de détention de crédit s’est raccourcie. Ce qui n’empêche pas l’augmentation continue du recours au crédit à la consommation. Cette évolution explique la relative hausse de la consommation des ménages cette année. Les prêts consos contractées en majorité auprès des établissements bancaires, sont réservés aux investissements en biens de consommation durables, aux travaux de rénovation ou d’amélioration de logements.

Avec le prêt consommation, les emprunteurs sont 14 % à financer l’acquisition d’une voiture, 6 % à équiper leur logement et 3.8 % à réaliser des travaux d’amélioration de la maison. Ces chiffres progressent globalement et les dépenses qui pâtissent de ces changements d’habitude des ménages sont celles consacrées avant aux loisirs, à la santé et à la consommation quotidienne.

Comment se projettent les français en matière de consommation ?

Dans cette période de fin d’année, les français seront nombreux à dépenser plus pour se faire plaisir. Par exemple, le budget repas pour les fêtes va croître de 5.7 % par rapport à 2015. C’est une illustration de l’optimisme des ménages relatés dans ce sondage. Les gens pensent consommer plus à l’avenir.

Cette projection plus positive des français sur leur avenir à terme, tient toutefois compte du contexte économique du pays. Même si les gens sont nombreux à manifester leur inquiétude face au chômage, le fait que l’enquête de l’INSEE ait été réalisée dans le contexte de la montée du chômage d’août, montre que dans l’avenir, cette tendance a de fortes chances de persister avec l’amélioration attendue de l’emploi dans l’hexagone.