Suite à la crise de 2008, les ménages ont subi une importante dégradation de leur situation financière. Mais depuis 2015, les français témoignent d’une amélioration de leur finance et cette dynamique s’est confirmée durant 2016. Cette évolution explique en bonne partie la santé retrouvée de certains indicateurs comme celui du crédit à la consommation des ménages.

Selon les chiffres de décembre 2016 fournis par la banque de France, le taux de croissance annuel du crédit à la consommation s’est établi à +5.0 % après une progression de +4.8 % sur le mois de novembre. L’encours annuel sur la même période atteint 161 milliards uniquement pour les crédits à la consommation. Une dynamique qui suit de près celle des crédits aux particuliers dans leur ensemble. Cette tendance  se maintient début 2017 avec une légère remontée des taux d’intérêt sur le crédit à la consommation de biens durables. Les particuliers  se sentent de plus en plus confiants pour prendre plus de risque et se projeter dans l’avenir après une longue crise.

La dynamique du crédit à la consommation et les habitudes d’achats

Le cours du crédit à la consommation s’installe dans une tendance haussière continue depuis le début de l’année. Bien qu’on constate un léger repli à +5.6 % sur mars, après les +5.9 % de février et +6.0 % de janvier, la somme globale des nouveaux crédits à la consommation a connu sa plus forte progression depuis octobre 2016 à 5.3 milliards d’euros. Cette tendance a toutes les raisons de continuer surtout avec le retour progressif de la confiance des ménages au niveau d’avant la crise.

Pour les habitudes d’achats, d’après l’observatoire des crédits à la consommation en 2016, 89 % des prêtes consos contractées ont servi à financer des projets d’équipement. Même si les français ont été plus prudents en 2016 que les années précédentes, influencés par les nombreuses mesures destinées à resserrer la diffusion du crédit, ils ont comme avant acquis avec leur prêt essentiellement des biens de consommations durables. En premier lieu l’achat de véhicule (53 % des ménages) puis vient les biens d’équipement de la maison, les travaux d’amélioration de logement, les dépenses de consommation courantes, les dépenses extraordinaires (facture imprévue..), la restructuration de crédit et les impôts.

Les banques en profitent

Avec la crise, les banques avaient réduit leurs interventions directes sur ce segment du marché du crédit au profit de leurs filiales spécialisées et d’autres établissements financiers. Mais dans un contexte de taux bas, les crédits à la consommation sont devenus très lucratifs pour ces acteurs - taux d’intérêt moyen oscillant autour de 4 % sur les six derniers mois. La conséquence directe de ce regain d’intérêt des banques pour ce prêt, c’est l’augmentation de l’encours des crédits conso.  Ce qui se traduit dans les chiffres de l’observatoire des crédits aux ménages qui montre une consolidation de la détention de crédit contracté auprès de banques ou d’établissements financiers. Les banques profitent clairement du retour progressif de la confiance des ménages.

Quelle évolution pour cette année ?

Certes la dynamique globale des prêts aux particuliers se maintient début 2017 mais la part du crédit à la consommation dans cette évolution est relativement faible par rapport aux prêts immobiliers. Les français sont devenus plus prudents dans les dépenses avec la crise. Cependant, on constate une réelle amélioration de la situation financière des ménages.

S’ils sont 47.3 % en 2014 et 48.4% en 2015 à déclarer la part du remboursement de leur crédit supportable ou très supportable, en 2016, ce chiffre s’établit à 49.2 % en progression continue. Quand on sait que le recours au crédit demeure un moyen décisif dans la réalisation des projets de consommations, la hausse du crédit à la consommation a de fortes chances de continuer avec le retour de la croissance en 2017. Même si on anticipe un resserrement général des taux.